Au départ, nous nous étions mis d'accord, avec Graziella, pour respecter certains principes:
  • Aux alentours des 130 m²
  • Libérer un maximum d'espace privatif (à l'est)
  • Ne pas avoir une maison toute basique, on souhaitait une forme en L ou en T
  • Coller la maison le plus au nord (pour récupérer un maximum de soleil)
  • Éviter au maximum les pieds droits bas (étant très grand, les pieds droits bas sont un handicap énorme pour moi)

Les premiers essais avec le logiciel d'architecture furent particulièrement laborieux, comme en témoignent les plans suivants. Toutefois, on peut déjà constater sur ce premier plan, l'ébauche de certaines idées apparaissaient déjà, notamment l'espèce de chien assis, qui permettait d'avoir une des pièces à l'étage sans noues ni rampants. J'étais particulièrement fier de cette trouvaille (et la pensait unique) jusqu'à ce que je me rende compte, en me baladant dans les environs de Strasbourg, que d'autres maisons avaient aussi cette espèce de chien assis (et la ma déception fut grande, je n'étais pas le premier...).

Sur cette version, naturellement nous n'étions pas encore au courant de certains écueils techniques (qui nous mettraient des bâtons dans les roues un peu plus tard).

plan_1_cave.jpg

La variante deux fut déjà un peu plus élaborée. Nous n'étions pas inquiets pour la cave (elle n'est même pas représentée ici), mais nous reprenions aussi des idées vues dans la maison à Wiwersheim, et qui nous plaisaient bien. On constate l'apparition d'une forme en T (qui malheureusement disparaitra plus tard. On s'était rendu compte au final, que ce n'était vraiment pas simple à aménager...

La maison est calée sur l'avant à 7,50 mètres, car je pensais que la distance était suffisante pour la pente de garage, alors que je me trompais.

On passe rapidement sur la variante n°3, qui n'était qu'un essai conceptuel de design. Au final ca ne nous plaisait pas des masses, et le gros désavantage de ce plan, c'était que l'on perdait énormément de place au rez de chaussée.

La variante 4 reprenait quelques idées de la variante 3, tout en décalant la partie du T vers l'est. On se rendait compte plus tard que ca limitait l'espace privatif, et que nous nous serions retrouvé avec une surface énorme sur l'avant qu'on aurait du aménager.

Ce fut lors de la variante 5 que j'appris en fait qu'on avait pas besoin de mur porteur à l'étage. En effet, les murs porteurs sont là pour supporter la dalle de l'étage. S'il n'y a pas de dalle, il n'y a aucune raison d'avoir des murs porteurs (j'étais longtemps persuadé que le mur porteur se devait d'être aligné avec le pignon principal de la maison car il servait à soutenir ce pignon).

La variante 6 voit l'apparition d'un garage accolé. Pourquoi? Simplement parce que l'on s'était rendu compte, suite aux diverses informations reçues par le constructeur, que la maison devait être reculée de 9 mètres par rapport à la route, à cause de la règle des 15% pour la pente (le règlement du lotissement exigeait au maximum une descente de 15cm par mètre, ce qui faisait que si l'on souhaitait mettre le garage sous la maison, et toujours rester dans les règles - qui voulaient que la maison ne sorte pas plus de 1,20 mètres - nous étions obligé de descendre de 1,30 mètres).

Si l'on considère que la maison faisait dans les 11 mètres de long, il nous restait à l'arrière plus que... 6 mètres d'espace privatif (ce qui a mes yeux était largement insuffisant).

Nous options donc pour un garage accolé sur ce plan, en toit terrasse. Pourquoi en toit terrasse? J'étais persuadé que créer un garage avec un toit terrasse coutait moins cher que de créer une charpente au dessus de celui ci, mais c'était sans compter l'étanchéité et l'isolation de ce dernier. Il faut aussi savoir que lorsque j'ai du dessiner de ce plan, j'abordai à peine les problématiques d'isolation...

C'était sans compter le coût de ce garage accolé: à 17000 € pour une voiture, la facture était salée, très salée (et on tombait un peu des nues). Je me rappelle être rentré chez mes parents, et avoir réfléchi tout un vendredi soir avec eux à une solution, car nous ne pouvions nous permettre de mettre autant d'argent dans le garage. Après avoir essayé toutes sortes de solutions les plus tordues les unes des autres, comme par exemple, rentrer la voiture en oblique (super pratique pour rentrer dans le garage...), on arrivait au final a une solution qui nous semblait viable (tordue, mais viable).

Le principe était un poil complexe: pour le garage, nous avions besoin d'environ 11 mètres de longueur (pour deux grosses voitures, la référence fut le Santa Fe de mon père, mastodonte de 4,70 mètres de long). Ce garage devait obligatoirement être à 9 mètres de la route, et intégré dans la maison (vu que nous ne pouvions supporter le coût d'un garage en annexe). Dans tous les cas, le mur arrière de notre garage arrivait à 6 mètres de la fin du terrain. Seulement voilà, rien ne nous forçait à aligner tous les murs à celui de la porte du garage!

La partie nord de la maison fut donc ramenée à l'ouest, sur la limite, créant un décroché de 3 mètres par rapport à l'entrée du garage. La partie arrière du garage, elle, servirait de terrasse (que l'on peut considérer comme de l'espace privatif extérieur). Le garage, vu qu'il est quasi enterré ne dépassait qu'à peine du sol. Un léger talus, et le tour était joué, c'est comme si la terrasse se trouvait au niveau du sol.

Il restait à habiller ces 3 mètres de décroché à l'avant, peu agréable à l'oeil. On partait donc sur une solution à base de balcon, qui avait le double mérite d'attirer l'œil sur lui, mais aussi de limiter l'effet de décroché grâce à l'ajout de murets. On avait donc l'impression que le décroché ne faisait plus qu'un petit mètre sur l'avant au lieu des 3 mètres précédents.

A partir de cette variante, les autres ne seront plus que des raffinages de cette version de base. Je rajoutai notamment, dans la variante 8 un angle à 45° au niveau de la porte d'entrée, qui nous permettait d'entrer plus au centre de la maison, et donc de déplacer les toilettes et d'obtenir suffisamment d'espace pour un bureau, tandis qu'à l'étage, cela libérait de la place pour un petit dressing.

Je m'essayai aussi a l'installation d'un escalier pour aller vers les combles au cas où nous souhaiterions un jour les aménager. Cette idée fut abandonnée, parce qu'il fallait prévoir une charpente renforcée qui aurait aussi été hors budget.

La variante 9 fut un essai complètement raté, je la laisse ici à titre posthume, pour dire "voilà elle a existée, mais ca n'a rien donné". Parfois, on a de mauvaises idées (F.B.I. : fausses bonnes idées), et la variante 9, ce n'est que çà.

Quelques optimisations seront apportées dans la variante 10, mais celle ci ne sera qu'un tremplin vers la variante 11, qui est quand même ma meilleure réalisation.

On arrive enfin à la dernière variante, la 11, qui reste la variante quasi officielle déposée pour le permis de construire. Quelques petits détails ont été rajoutés, notamment un léger décalage de l'escalier, qui nous permettait d'agrandir un peu le dressing à l'étage. L'emplacement pour la cheminée y a aussi été représentée, quoique faux, du à ma méconnaissance du fonctionnement des cheminées (le mur devrait avoir une double couche d'isolation, d'abord la laine de verre, puis un isolant spécifique à la cheminée qui résiste aux hautes chaleurs).

Il existe bien une variante 12, qui est une variante post-permis de construire, mais celle là, je la garde pour moi: elle contient en effet des plans et mesures qui seront présentées dans un autre billet. Je pense qu'il est toujours possible d'améliorer les choses, et je n'aurai de cesse d'y travailler jusqu'à ce que la maison soit définitivement construite. Qui sait, j'aurai peut être encore une bonne idée d'ici là?

Mais ne vous leurrez pas; faire des plans de maison, ce n'est vraiment pas une tâche aisée. Je ne me rappelle pas le nombre d'heures passées sur le logiciel d'architecture, mais je peux vous garantir que cela doit bien dépasser les 50 heures, tout plans confondus. Je me rappelle par exemple lors d'une garde de Graziella, avoir passé tout un dimanche pour tenter de réduire, ou limiter la surface perdue par le couloir devant l'escalier (ce qui, vous pouvez le constater, n'a pas vraiment porté ses fruits, vu qu'il est toujours présent).

Je ne compte pas non plus les heures passées a essayer de réaliser l'une ou l'autre fonctionnalité avec le logiciel (notamment au niveau de l'escalier et du terrain extérieur). Je remercie d'ailleurs le gérant de BEGI67 de m'avoir filé une astuce pour la création du terrain, parce que sinon, je pense que j'y serai encore :D.

Vous aurez peut être l'impression que ces plans ont été fait sur une période de maximum un mois, mais il en est tout autre: la réalisation de ces plans a pratiquement pris six mois, depuis le début et la prise en main du logiciel, pour finalement arriver à une maison qui nous plait. Chaque élément a du être discuté indépendamment: un vélux ici? Une fenêtre de ce format là?. Le placement de certaines baies vitrées à même été fait en fonction de la position de la maison du voisin au sud!

Discuter de chaque élément, voir les avantages et les inconvénients, soupeser le pour et le contre, voir les soucis sous-jacents, les accepter parce que on sait qu'il n'y a pas mieux, cela prend énormément de temps. Si jamais vous devez faire votre maison, ne le faites pas dans la précipitation. Réfléchissez, encore et encore, et ne vous laissez pas marcher sur les pieds parce que "nous on ne fait pas ce genre de choses". Votre maison, vous l'aurez pour plusieurs années, et si cela se trouve toute votre vie. En pensant à cela, ne vaut il mieux pas perdre du temps à savoir exactement ce que l'on veut plutôt que regretter des erreurs pendant toute une vie?